Les liens d’attachement
La théorie de l’attachement est un concept fondamental en psychologie: elle explore la manière dont les liens affectifs entre les enfants et leurs figures parentales influencent leur développement émotionnel, social et cognitif tout au long de la vie. Ainsi, nos relations à l’âge adulte seront toujours teintées de ce que nous avons vécu et appris avec nos référents.
Formulée dans les années 1950 par le célèbre psychologue John Bowlby puis classifiée plus tard par sa collègue Marie Ainsworth, cette théorie démontre aujourd’hui 4 styles d’attachement :
1. sécurisé
Ces enfants sont à l’aise pour explorer leur environnement, mais cherchent du réconfort auprès de leur figure d’attachement lorsqu’ils sont inquiets. Ils savent que leur parent est disponible, fiable et constant lorsqu’ils en ont besoin.
A l‘âge adulte, il ou elle a développé une bonne stabilité émotionnelle, est à l’aise avec l’intimité, gère bien les conflits et peut facilement passer de la connexion à la solitude.
2. évitant
Les enfants évitants montrent peu de détresse lorsqu’ils sont séparés de leur figure d’attachement et évitent le contact physique lors des retrouvailles. Cela peut refléter un référent distant, peu disponible émotionnellement et plutôt centré sur les tâches.
A l’âge adulte, ayant internalisé « je survis mieux si je suis seul·e« , il ou elle peut se montrer méfiant·e, méprisant·e, laconique, bien plus factuel·le qu’émotionnel·le et plutôt tourné·e vers la solitude.
3. ambivalent
Les enfants ambivalents deviennent très anxieux à l’idée d’être séparés de leur parent. Lors des retrouvailles, ils peuvent chercher du réconfort, mais aussi se montrer en colère ou contrariés, car ils ont du mal à se sentir en sécurité dans la relation. Ce type de comportement démontre une inconsistance dans le style parental (on/off), un renversement des rôles (parentification) ou un manque de frontière.
A l’âge adulte, il ou elle peut chercher la sécurité chez l’autre, avoir peur de l’abandon (couplée à de la détresse), veut connecter mais pourtant repousse « je veux mais je ne se sais pas comment », comme une incapacité à recevoir de l’amour.
4. désorganisé
Ce type d’attachement est souvent observé chez les enfants qui ont vécu des expériences traumatisantes ou abusives. Ces enfants peuvent manifester un comportement incohérent et confus et vivre beaucoup de honte. Les référents ont pu se montré menaçants, inconsistants ou chaotiques, déclenchés par leurs propres traumas.
A l‘âge adulte, il ou elle peut montrer une incohérence dans ses réactions, ses paroles, développant des troubles de la personnalité et des états de dissociation (dûs à un passé trop lourd).
Le besoin de connexion avant tout
Notons que nous ne sommes pas limité·es à un seul lien d’attachement; nous pouvons avoir une combinaison de styles qui varient selon les relations, les contextes et parfois même des moments de vie.
Quel que soit notre âge, le processus de guérison est toujours possible, car nos besoins fondamentaux de connexion et de sécurité sont présents tout au long de notre vie, même s’ils nous ont cruellement manqués.
Bien que les peurs et les réactions issues d’un attachement non sécurisé puissent être puissantes, elles ne sont pas figées.
Grâce à un travail thérapeutique et relationnel, il est possible de rétablir cette sécurité intérieure, même dans des contextes de souffrance, et de rétablir des relations plus équilibrées et épanouissantes.

Pour faire la paix avec votre passé et retrouver votre sécurité intérieure
Référence:
- Attachment style Quiz. Par Diane P. Heller