Bercements & oscillations
Fermez les yeux un instant et remontez dans vos souvenirs. Si vous avez des enfants, pensez à eux, sinon imaginez simplement un bébé en détresse. Que faites-vous instinctivement ? Vous le prenez dans vos bras et commencez à le bercer. Pourquoi ? Parce que, sans même y réfléchir, vous savez que ce mouvement apaise. Il rassure l’enfant… et vous apaise aussi. Car ce petit être ne peut pas encore se réguler seul – il a besoin de la présence stable et du rythme d’un autre pour retrouver son équilibre.
Voici déjà un premier bénéfice des bercements.
Imaginons maintenant ce bébé en train de se développer pour pouvoir explorer le monde: toutes les étapes vers la locomotion pour appréhender son environnement (mouvements évolutifs, réflexes archaïques et posturaux, etc. (cf. article)) posent les jalons de sa maturité cérébrale.
Harald Blomberg, psychiatre suédois, s’y est beaucoup intéressé et a constaté que certains mouvements rythmiques, proches de ceux que fait un bébé naturellement, aidaient justement à intégrer les réflexes primitifs non développés ou mal intégrés, amélioraient la posture, la régulation émotionnelle, l’apprentissage et même atténuaient des troubles comme le TDAH, les difficultés d’apprentissage ou les troubles sensoriels.
On y retrouve les bercements, qui jouent un rôle clé dans la réorganisation du tonus corporel, et comme nous l’avons compris maintenant, dans la régulation du système nerveux et donc du stress. Ils permettent de:
- relâcher les tensions sans forcer le corps à se détendre.
- soutenir la connexion corps-esprit en douceur.
- favoriser un état de réceptivité et de régulation nerveuse (via le nerf vague).
- développer une meilleure perception de l’espace à intérieur du corps.
- créer un sentiment de sécurité interne
Comment expérimenter les bercements?
Les bercements créent rapidement une sensation de détente pour la majorité d’entre nous. Ils peuvent cependant prendre du temps pour devenir fluides et agréables. Il est conseillé de commencer doucement, d’explorer différents rythmes, de varier les intensités et de ne pas dépasser 3 minutes au début.
Et très important, de toujours se donner l’espace pour ressentir les effets juste après le mouvement.
- Allongé·e sur le dos, genoux pliés ou tendus. Initier un mouvement de bercement qui part des pieds (des talons si les jambes sont tendues) pour remonter jusqu’à la tête; si le corps est bien relâché, il permet à l’ondulation de se diffuser sans entrave.
- Allongé·e confortablement sur le côté, genoux ramenés vers la poitrine; initier le bercement depuis la main, soit dans l’axe longitudinal, soit dans l’axe avant-arrière, selon préférence.
- Couché·e sur le ventre, mains sous le front, bercer depuis les orteils pour remonter jusqu’à la tête ou bercer le bassin latéralement, fessiers relâchés.
- En position 4 pattes, orteils recroquevillés; plus vécu comme un balancement actif qu’un doux bercement, il est très utile pour mobiliser toutes les articulations en même temps; repousser le sol avec les pieds puis les mains pour initier un mouvement avant-arrière. Le regard est projeté vers l’avant, ce qui nous évite de s’effondrer.

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Références
- www.reflexes.org
- www.emmagomez.over-blog.com
- Sally Goddard: Le grand livre des réflexes. Editions Broché, 2020