Douleurs chroniques
Quand on parle de douleur chronique, le discours dominant tourne souvent autour d’une dichotomie entre fatalisme et culpabilisation:
« c’est dans la tête »
« il faut apprendre à vivre avec »
« tu devrais renforcer ton corps »
« tu as vraiment tout essayé? »
Heureusement, notre compréhension de la douleur s’est nettement améliorée depuis ces vingt dernières année; il est possible aujourd’hui d’en transformer radicalement notre expérience et de contacter notre pouvoir de guérison.
La douleur a longtemps été vue – et l’est encore – comme le résultat d’un dommage tissulaire; cependant, même si celui-ci peut en être l’origine, les tissus finissent toujours par guérir, et ce dans un espace-temps de quelques jours à quelques semaines. Ainsi, la persistance de la douleur au-delà de 3 mois après ladite blessure nous fait basculer dans la catégorie des « douleurs chroniques », impliquant toujours – du moins en bonne partie – un dysfonctionnement du système nerveux.
La douleur est protectrice
Contrairement à ce que nous pourrions croire, nous n’avons pas de récepteurs ou de signaux de la douleur; celle-ci n’est donc pas dans nos tissus, qui ne peuvent simplement pas en avoir conscience. La douleur est bien plus complexe que cela, car elle englobe la totalité de notre être: notre contexte social, notre éducation, notre histoire, nos croyances, notre état émotionnel, nos expériences passées, nos peurs. Pas de signaux de douleur donc, mais des signaux de danger, évalués par un système nerveux unique qui définira – selon le filtre de qui nous sommes – le degré de sécurité / de menace dans lequel il se sent.
Selon l’intensité de la menace perçue, la réaction de douleur pourra donc être très différente. Nous pouvons alors affirmer qu’elle est une construction de notre cerveau!
Une vision holistique
La compréhension de la douleur sous l’angle du cerveau peut transformer nos stratégies de gestion de celle-ci ; elle souligne l’importance de l’environnement et de l’état émotionnel dans la perception de nos maux. Ainsi, transformer notre rapport à la douleur et la considérer différemment peut grandement changer les choses.
Puis modifier (certains de) nos comportements stimulera notre capacité de guérison en nous permettant de sortir du cercle vicieux de la douleur; mouvement, alimentation, sommeil, régulation du nerf vague, etc. sont autant de pistes à explorer pour regagner en contrôle et retrouver enfin notre corps sans souffrance.
