Fascia & biotensegrité

La tenségrité est un principe architectural développé au 20e siècle par l’architecte et philosophe Buckminster Fuller. Combinaison des mots tension et intégrité, Fuller – avec son élève Kenneth Snelson – ont pu démontrer la notion d’auto-contrainte, soit l’existence d’un système qui, par son jeu continuel de forces opposées et synergiques, crée une stabilité dynamique, et ce indépendamment des forces de gravité qui le traversent.
Ainsi, dans un système en tenségrité, quand un élément bouge, c’est tout l’ensemble qui réagit; les forces tensio-compressionnelles se distribuent à travers toute la structure et s’adaptent pour que l’équilibre soit maintenu.

Cette fascinante découverte fut reprise plus tard par le Dr Steven Levin, qui appliqua le principe de tenségrité à notre organisation structurelle. Selon cette théorie, le corps maintient son équilibre et sa stabilité grâce à un réseau de structures osseuses, musculaires et fasciales qui interagissent en harmonie, plutôt que par la simple force des muscles agissant individuellement.

Mais cette construction se retrouve également au niveau microscopique, soit dans l’organisation même de la cellule, celle-ci s’adaptant et répondant différemment en fonction des forces mécaniques exercées sur elle. Le fascia est le tissu de choix pour expliquer l’effet des contraintes tensio-compressionnelles car c’est sa tension qui garde le corps ensemble et debout. Au cours du développement embryonnaire déjà, notre fascia s’est différencié en fonction de la demande, se rigidifiant au point de créer un os ou s’assouplissant pour en faire un tissu mou. Mais quelle que soit sa forme ou sa densité, sa localisation ou sa fonction, c’est toujours un seul et même tissu.

Ces forces biodynamiques continuent de façonner notre architecture vivante tout au long de notre vie. Notre fascia et son réseau de 250 millions de récepteurs s’adapte et réagit en permanence à nos stress physique ou psychologique, communiquant directement avec notre système nerveux. Il est d’ailleurs communément nommé « l’organe sensoriel le plus vaste de notre corps ».

Le mouvement (conscient) est un des moyens les plus efficaces pour transformer l’état de notre fascia et ramener du bien-être dans notre globalité.

A la manière d’une éponge plongée dans l’eau, nous rencontrons les qualités de ce tissu visco-élastique en le réhydratant par différents mouvements, lui redonnant du volume, de la flexibilité, une capacité de glissement, et une meilleure communication avec l’ensemble. Stabilité, mobilité, connectivité, intégration, distribution sont les concepts-clé qui régissent notre nouvelle façon de bouger et accompagnent notre exploration corporelle. On n’isole plus, on ne segmente plus, on ne hiérarchise plus. On relie.

Cette modélisation a des implications profondes dans la compréhension de la biomécanique et de la physiologie du mouvement humain. Bienvenue dans l’anatomie du 21e siècle!

Pour aller plus loin dans la compréhension des fascias

  • Joanne Avison: Yoga, fascia, anatomy & movement
  • David Lesondak : Le Fascia, un nouveau continent à explorer
  • Robert Schleip, Tom Myers, John Sharkey, Carla Stecco : les quelques experts sur la question

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