Réflexes archaïques & schèmes locomoteurs
Les réflexes archaïques (RA) et les schèmes locomoteurs de développement sont des bases fondamentales de notre construction physique, émotionnelle et cognitive.
Bien que leur rôle soit particulièrement crucial dans les premières années de vie, ils continuent d’influencer notre équilibre tout au long de notre existence.
Ces réflexes et schèmes, lorsqu’ils sont bien intégrés, favorisent un développement harmonieux. Cependant, des accidents, des chocs émotionnels ou physiques, ou encore des périodes de stress prolongé peuvent perturber cet équilibre, causant tensions, limitations posturales mais aussi difficultés cognitives, émotionnelles et relationnelles.
Il est heureusement toujours possible de réactiver et de réintégrer ces fondations à tout âge grâce à des approches corporelles adaptées.
Réflexes archaïques
Les RA sont des mouvements automatiques présents dès la vie intra-utérine et activés dès la naissance. Gérés par le cerveau primitif, ils jouent un rôle fondamental dans notre survie et posent les bases de notre développement moteur, émotionnel et cognitif.
Ces réflexes sont temporaires et conçus pour évoluer. À mesure qu’ils s’intègrent, ils permettent au corps de développer des mouvements plus volontaires et complexes.
Mais leur rôle ne s’arrête pas là : ils influencent aussi notre manière de percevoir et d’interagir avec le monde : un réflexe bien intégré aide non seulement à affiner la coordination motrice, mais aussi à soutenir la régulation émotionnelle et la confiance en soi.
Un RA non intégré peut amener le corps à rester « bloqué » dans des réponses automatiques immatures. Cela peut se manifester par des :
- troubles d’apprentissage comme la dyslexie, où la coordination œil-main est affectée.
- difficultés de concentration ou TDAH, car le système nerveux reste en « alerte » permanente, rendant la régulation émotionnelle plus difficile.
- problèmes sensoriels ou hypersensibilité, dus à un manque de maturation des voies nerveuses.
- insécurité émotionnelle, car le corps n’a pas intégré des bases physiques de stabilité et de confiance.
On compte une trentaine de réflexes majeurs pour notre développement moteur, émotionnel et cognitif. Les 2 réflexes archaïques les plus anciens qui posent la base de tous les autres sont le réflexe de paralysie par la peur (RPP) et le réflexe de Moro.
Ils activent tous deux le système nerveux autonome : le RPP sollicite la branche dorsale du nerf vague (parasympathique), entraînant une immobilisation complète (freeze), tandis que le Moro active le SN sympathique, déclenchant une réaction de fuite ou de combat. Ces réponses instinctives influencent nos réactions au stress tout au long de notre vie.
Les réflexes posturaux sont une évolution des réflexes archaïques. Contrairement aux réflexes primitifs, qui sont involontaires et disparaissent avec la maturation du système nerveux central, les réflexes posturaux remplacent les réflexes archaïques pour soutenir le contrôle moteur, l’équilibre et la coordination tout au long de la vie.
Schèmes locomoteurs
Les schèmes locomoteurs de Bartenieff représentent les étapes par lesquelles le corps développe une coordination, une conscience corporelle et une efficacité dans le mouvement. A l’instar des réflexes archaïques, ces schèmes ne se limitent pas à notre motricité mais structurent également la manière dont nous organisons nos pensées, régulons nos émotions et établissons des relations sociales.
Les six étapes suivent une progression naturelle. Chacune construit les bases pour la suivante et permet à l’individu de développer une connexion plus profonde entre le corps et l’espace environnant. Je vous les nomme dans l’ordre mais ne les développerai pas ici.
- respiration
- radiation du nombril
- schème spinal
- schème homologue
- schème homolatéral
- schème controlatéral
Réactiver nos fondations
En travaillant sur les réflexes archaïques et les schèmes de mouvement, on peut ré-enrichir les connexions internes perdues. Ces pratiques permettent:
- de réorganiser les schémas moteurs pour retrouver fluidité et coordination dans les mouvements.
- de rétablir un équilibre global en harmonisant les interactions entre le corps et le système nerveux.
- d’apaiser les tensions émotionnelles en régulant le système nerveux autonome, ce qui contribue à réduire le stress et à retrouver plus de sérénité.
- de recréer un sentiment de sécurité interne, essentiel pour mieux interagir avec soi-même et avec les autres.
Ces approches permettent de renouer avec une forme de cohérence entre le corps et l’esprit, en ravivant des ressources naturelles souvent oubliées ou enfouies. Ce travail est une invitation à explorer notre potentiel de guérison, à rétablir une harmonie intérieure, et à retrouver une connexion profonde avec nous-mêmes.

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Références
- www.reflexes.org
- www.emmagomez.over-blog.com
- Sally Goddard: Le grand livre des réflexes. Editions Broché, 2020