Respirez moins, respirez mieux.

Nul ne peut nier aujourd’hui l’importance de la respiration, encore moins pour celles et ceux qui la cultivent à travers le yoga. Elle est la pierre angulaire de notre bien-être physique, mental et émotionnel; la voie d’accès vers un apaisement mental; la première porte vers une relaxation corporelle profonde.

Et pourtant, rares sont les personnes qui savent comment (bien) respirer, même chez les yogi·nis ; comme l’expliquent plusieurs experts sur la question, nous sommes une culture de sur-respiration. Par peur de manquer d’air, nous respirons trop, trop fort, trop souvent, trop haut, trop superficiellement, épuisant les ressources de notre corps.

Pas étonnant me direz-vous, dans une société qui nous pressurise à performer, à produire davantage, à être présent·e et efficace sur tous les fronts, dans une frénésie du « jamais assez » et du « toujours plus ».
Ce climat anxiogène nous éloigne de l’essentiel, nous déconnecte de nous-même et nous guide inévitablement vers le mode fight / flight, appelant notre corps à se tensionner, empêchant ainsi toute fluidité dans notre système.

En lisant ces lignes, asseyez-vous confortablement. Déposez votre corps dans le support, comme si vous étiez irrésistiblement attiré·e par la gravité. Mais sans vous effondrer pour autant.

Puis inspirez doucement par le nez. Et expirez lentement par le nez. Répétez. À votre rythme. Sans forcer. Sans vous précipiter. Prenez votre temps.

Imaginez que chacune de vos inspirations vient gonfler un ballon, qui s’expand dans toutes les directions. Et qu’à chaque expiration, ce ballon se dégonfle lentement. Rien à forcer. Rien à performer. Continuez.

Après quelques cycles, essayez de réduire le volume de votre ballon en prenant moins d’air; vous cherchez à respirer moins que votre envie naturelle, tout en restant confortable. Si vous sentez une légère sensation de manque d’air, vous êtes juste. C’est le signe que le CO2 s’accumule doucement; ce CO2 qui permet à l’oxygène de nourrir efficacement nos cellules.

Observez ce qu’il se passe en vous. Peut-être que votre rythme a ralenti; que quelque chose en vous commence à se calmer; que vous sentez un peu plus d’espace, de fluidité ou de facilité. Si c’est le cas, essayez d’allonger un peu votre temps d’expiration, tout en restant dans le confort. C’est l’expiration surtout qui va vous aider à vous apaiser et à vous intérioriser.

La respiration devient toujours plus douce, plus silencieuse, plus légère; comme si vous aviez une plume sous votre nez et essayiez de la déranger le moins possible.

Si c’est encore difficile, n’insistez pas; restez simplement avec votre respiration telle qu’elle est et continuez à l’observer avec douceur et bienveillance. Sans la juger. Ça ne sert à rien.

Quand vous sentez que c’est le moment, revenez dans la conscience de vos appuis. Bougez légèrement votre corps. Et tout en restant dans votre expérience intérieure, reliez-vous à votre environnement extérieur: ouvrez les yeux, regardez autour de vous, appréciez ce qui vous entoure. Et remerciez-vous d’avoir pris ce temps pour vous.

La respiration affecte notre rythme cardiaque, notre digestion, le fonctionnement de nos organes, notre humeur, nos émotions, etc.
Bien que faisant partie de notre système nerveux autonome, elle est le seul élément de ce réseau sur lequel nous avons un pouvoir d’action conscient.
En lui donnant nous-même une direction, elle peut endosser le merveilleux rôle d’interrupteur de notre système nerveux par activation du nerf vague, chef d’orchestre de notre équilibre physiologique.

Les traditions ancestrales, enrichies par les découvertes scientifiques modernes, offrent une multitude de techniques pour jouer avec le tempo, les rétentions, les mudras, les hyperventilations, etc. Toutes visent un même objectif : apprivoiser le souffle pour mieux nous libérer.

Mais avant de multiplier les techniques, commencez par la simplicité. Juste inspirer…, et expirer. Et revenez-y, encore et encore. Votre corps vous remerciera.

Respirer en pleine conscience, c’est s’offrir un espace de régénération, de recentrage et de recul face aux défis du quotidien.
C’est un outil précieux, toujours à portée de main, à utiliser à tout moment.

Réapprivoisez votre souffle pour retrouver le calme en vous

Références:

  • James Nestor: Le pouvoir extraordinaire de la respiration. Éditions Broché, 2021
  • Patrick McKeown. Oxygen advantage
  • André Van Lysbeth: Pranayama, la dynamique du souffle. Éditions Poche, 2019
  • B.K.S Iyengar: Pranayama Dipika, lumière sur le Pranayama. Éditions Broché, 2012

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