Stress & cerveau
Jusqu’à il y a une vingtaine d’années, on expliquait l’évolution du cerveau à travers le modèle triunique, proposé par Paul MacLean (1960). Bien que ce modèle ait été remis en question par les neurosciences modernes, il reste une métaphore utile pour comprendre l’évolution et le fonctionnement de notre cerveau. Selon MacLean, celui-ci serait composé de trois couches successives, empilées au fil de l’évolution :
1. Cerveau reptilien
Il est le plus ancien et gère les fonctions de survie et les comportements instinctifs. Il comprend le tronc cérébral, les ganglions de la base et le cervelet, responsables entre autres de nos réflexes posturaux (cf. article)
2. Système limbique
Siège des émotions, de la mémoire et des apprentissages, il est apparu avec les premiers mammifères. Il s’active quand il y a perception d’une menace (via l’amygdale), mais fait aussi sens de notre environnement grâce à l’insula, qui joue un rôle de passerelle entre les sensations brutes et leur intégration émotionnelle et cognitive.
3. Néo-cortex
Structure la plus récente, il nous permet de raisonner, analyser, prendre des décisions, anticiper, planifier; mais il nous permet aussi d’interpréter notre monde, de comprendre nos émotions et de faire preuve d’empathie.
Ce qu’on en dit aujourd’hui
Tout comme le corps ne fonctionne pas en compartiments isolés, mais en réseaux de connexions dynamiques, le cerveau ne se limite pas à ces unités séparées : il est un système vivant, interconnecté, en interaction constante avec lui-même et avec son environnement; on découvre ainsi des échanges entre ces différentes structures cérébrales, des croisements dans le traitement des informations et l’existence de circuits plus complexes impliquant l’entier du cerveau.
Ce qu’il se passe face au stress
Quelle que soit la nature du stress (physique, émotionnel, biologique, psychologique, financier, réel ou non), notre corps y réagit toujours: afflux sanguin dans les muscles, rush d’adrénaline, tensions, accélération du rythme cardiaque, etc. autant de signes qu’il se prépare à faire face à une menace et à retrouver son équilibre.
Grâce à notre cortex préfrontal, nous avons la capacité d’ajuster ces réactions et d’éviter d’être submergé·e. Mais lorsque le stress devient trop intense, ce mécanisme se dérègle : le cortex se met en retrait, laissant place aux réponses instinctives. Même si notre esprit conscient reste présent, nous perdons en partie la connexion avec notre corps, selon l’intensité de la menace perçue et nos ressources pour y faire face.
La clé ? Rétablir cette connexion perdue en nous mettant à l’écoute de notre corps. Plus nous cultivons ce lien, plus nous retrouvons clarté, équilibre et justesse dans nos réponses face au stress.
