• Ma découverte de la somatique

    Ma découverte de la somatique

    Pour ne pas vous perdre dès les premières lignes, commençons par clarifier le terme somatique: nous le définissons non pas comme la façon dont le corps est perçu de l’extérieur, mais celle dont on le ressent intérieurement. Ainsi toute approche somatique (qu’elle soit du mouvement ou thérapeutique) questionne les sensations, les émotions ou les images formées dans l’ici et maintenant, afin de faire une expérience plus complète de ce qui est vécu. Cette prise de conscience est notre première porte vers la guérison.

    C’est en 2019 qu’un de mes orteils a touché l’univers de la somatique; m’inscrivant un peu par hasard à une mini-formation en ligne proposée par Yasmin Lambat, ancienne enseignante de Pilates et pratiquante convertie du mouvement somatique, la terre s’est vite mise à trembler. Mes expériences corporelles durant cette initiation sont instantanément venues bousculer tout ce que j’avais appris et enseigné dans le yoga jusque là; il faut savoir qu’en plus de 20 ans de pratique, j’ai eu le temps d’écumer un bon nombre de formations auprès de divers professeurs reconnus, renforçant ce chemin plutôt linéaire que je m’étais tracé.

    Ce fut donc autant une révélation qu’une lutte interne, qui m’a tenue un bon bout de temps ; j’essayais de m’asseoir sur mes croyances et convictions – confortables et sécurisantes – pour mieux confronter, questionner, voire invalider les nouvelles informations que je recevais. Mais malgré mes efforts, cette assise devenait toujours plus bancale, car se révélait en-dessous une vérité que mon corps semblait avoir comprise bien avant mon mental.
    Et donc assez vite – car étant très entière, je ne pouvais pas faire autrement – j’ai distillé mes premiers apprentissages dans mes cours, cherchant à retransmettre ce que j’apprenais de l’autre côté. C’était probablement trop tôt, car je n’avais d’une part encore rien compris à la complexité de cette approche et j’étais d’autre part toujours en lutte dans mes incessants questionnements.

    Et l’accueil mitigé d’une partie de mes élèves à ces changements trop abruptes n’a fait que renforcer ce malaise interne, car il interrogeait la nature même de mon studio, ce que les gens venaient y chercher, ce que je ne pouvais plus leur offrir, qui j’étais, etc.

    Mais j’ai tenu bon, car une petite voix sage me poussait à continuer à explorer et à faire confiance en ce qui se mettait en place. Puis certains témoignages touchants m’ont donné la force de poursuivre ce chemin.

    Dans mes recherches, j’ai pu rencontrer le magnifique travail de Célina Hwang sur les fascias et la biotenségrité (cf. article), qui m’a permis et me permet encore d’intégrer toujours mieux cette nouvelle compréhension. Puis une porte en ouvrant une autre, j’ai découvert peu à peu les nombreux experts en somatique, tant du côté du mouvement que de la thérapie. Ce fut extrêmement enthousiasmant de voir ces recoupements multiples se tisser harmonieusement, créant une toile éclairante sur le lien corps-esprit, la perception sensorielle, le rôle du système nerveux, l’intelligence organique, etc.

    Synchronicité heureuse, c’est une amie avec qui j’ai fait mes études de psychologie qui m’a parlé en 2020 d’une formation pour laquelle elle s’était inscrite, et qui aurait pu m’intéresser. A l’évocation même du nom de Peter Levine, créateur de la Somatic Experiencing®, j’ai su. Voilà un moment que je cherchais à me former à une nouvelle approche pour enrichir ma palette thérapeutique, sans trouver un intérêt suffisamment vif à l’une ou l’autre pour m’inscrire. Celle-ci s’offrit à moi et dura en tout 3 ans. Depuis, de nouvelles découvertes ne cessent de fleurir et les ponts continuent à se renforcer entre le travail corporel et la thérapie somatique. Parmi elles: prendre et donner l’espace pour affiner son écoute, retrouver de la sécurité intérieure, s’autoriser à ralentir pour mieux intégrer, explorer notre nature oscillatoire et fluide, cultiver l’interconnectivité, délinéariser le temps, s’incliner humblement devant l’intelligence et la sagesse de notre corps.

    Rappelons-nous que notre premier langage est celui du corps; retrouver sa langue d’origine pour mieux communiquer avec lui est un merveilleux cadeau que nous pouvons nous faire.

    « J’espère pouvoir avoir la chance de vous accompagner sur le chemin de votre mieux-être ».

  • Emotions et soma

    Émotions & Soma:
    la voix du corps

    La sagesse populaire est la première à nous démontrer que nos émotions ne vivent pas seulement dans notre esprit, elles s’incarnent dans notre corps: des expressions comme :

    « je ne le/la sens pas »,

    « j’ai le coeur lourd / brisé »,

    « avoir la boule au ventre »,

    « bouillir de rage »,

    « il faut que je serre les dents »

    ont une empreinte corporelle réelle. Chaque sensation, chaque tension ou chaque élan physique porte un message. Refaire le lien entre nos ressentis physiques et nos états émotionnels, c’est apprendre à considérer notre corps comme un guide précieux pour mieux nous comprendre et réguler ce que nous vivons, plutôt que le réprimer.

    Notre premier langage est celui du corps. Avant même de pouvoir mettre des mots sur nos expériences, celui-ci les a vécues et imprimées dans nos tissus, façonnant ainsi notre perception du monde.
    Développer sa capacité à ressentir ce qui se passe en nous – soit observer sans jugement nos sensations, nos affects et mettre des mots sur ce qui est vécu dans l’instant – c’est revenir à notre origine, à notre nature profonde.

    Ce n’est pourtant pas chose facile, car nous avons pu être coupé·es tôt de cette capacité, les émotions difficiles n’ayant pas été bien accueillies dans notre enfance. Nous avons ainsi appris à mettre un couvercle pour ne plus ressentir, s’assurant l’amour de nos parents au détriment de notre authenticité. Ouvrir le couvercle, c’est toucher à nos mécanismes de protection; cela peut faire remonter des émotions longtemps enfouies, avec l’impression de ne pas savoir quoi en faire.

    Mon rôle, en tant que thérapeute, est de vous guider pour les apprivoiser, les observer sans crainte et les traverser à votre rythme. Ensemble, nous ouvrirons un espace où la transformation devient possible.

    Si vous avez besoin d’aide, je suis là pour vous accompagner.

  • La théorie polyvagale

    La théorie polyvagale

    Depuis que l’humain arpente la planète, le stress l’accompagne. Notre corps, merveilleusement bien conçu, a développé des réponses automatiques pour nous garder en sécurité. C’est le stress qui nous a permis de survivre, d’échapper aux dangers et de nous adapter. Mais si ces mécanismes ont assuré notre survie à l’âge de pierre, qu’en est-il aujourd’hui, dans un monde où nos « prédateurs » prennent la forme de délais serrés, de notifications incessantes et de responsabilités écrasantes ?

    Pendant longtemps, la science a cherché à comprendre cette force invisible qui nous pousse à agir (ou à nous effondrer). Les grands théoriciens comme Cannon, Selye ou Lazarus ont très justement démontré la réaction de lutte ou de fuite, l’importance de notre propre perception et l’inévitable épuisement si le stress devient chronique.

    Mais il manquait encore une pièce au puzzle, nuance essentielle qui allait transformer notre compréhension du stress : et si notre système nerveux ne se limitait pas à l’opposition binaire tension / détente ? Et si notre capacité à gérer le stress dépendait aussi de notre sentiment de sécurité et de connexion sociale ?

    C’est là qu’intervient la théorie polyvagale, une approche révolutionnaire qui a changé notre regard sur le stress, l’anxiété et même nos interactions avec les autres.
    Développée par Stephen Porges, elle propose une compréhension approfondie du système nerveux autonome, en particulier du nerf vague (cf. article), acteur majeur de notre régulation émotionnelle.

    Cette théorie met l’accent sur le lien social comme facteur clé de résilience et nous rappelle que notre système nerveux est conçu pour trouver du réconfort dans la connexion aux autres.

    Mais regardons cela plus en détail.

    Porges divise le fonctionnement du système nerveux en 3 circuits distincts, qui ont été essentiels à notre survie et notre évolution :

    1. Le système vagal ventral (métaphore du « je peux »)
      Lorsqu’il est actif, on se sent en sécurité, calme et connecté aux autres. C’est ce que Porges appelle l’engagement social, fondamental dans la gestion de notre stress. C’est notre état idéal, l’homéostasie, vers lequel on retourne pour pouvoir récupérer.
    2. Le système sympathique (« je dois »)
      Il s’active lorsque le cerveau détecte une menace, préparant le corps à réagir – par la lutte ou la fuite – au danger (libération d’adrénaline, accélération du rythme cardiaque, tension musculaire, vigilance accrue). Dans cet état, le focus prend le pas sur la connexion.
    3. Le système vagal dorsal (« je ne peux pas »)
      Ce système se déclenche quand la menace semble insurmontable. Il provoque un effondrement du système nerveux (ralentissement cardiaque, dissociation, immobilité). C’est un mécanisme archaïque, commun à de nombreux animaux, qui peut se manifester chez les humains en cas de trauma ou de stress intense. Cet état nous isole bien souvent de notre entourage, en en renforçant les symptômes.

    Pour étayer sa théorie, Porges nous offre le terme de « neuroception », soit l’existence d’un système interne de détection de la sécurité ou de la menace dans notre environnement. Ainsi, nos sens seraient constamment à l’affût d’indices, confirmant ou infirmant nos premières impressions et nous donnant la réponse « appropriée » à donner : ton de voix, expression faciale, tensions musculaires en sont autant de subtilités, pourtant parfaitement détectables par notre physiologie.

    Cet aspect est éclairant quand on parle de trauma : chez une personne ayant vécu un trauma, la perception des signaux de menace est amplifiée, même en l’absence de réel danger; son système nerveux est conditionné à capter tout indice potentiellement menaçant, y compris dans des interactions anodines (hypervigilance). Un ton de voix trop sec ou monocorde, un regard fuyant, une posture rigide peuvent être perçus comme des menaces et déclencher une réaction involontaire de stress ou de retrait.

    Sachant que nos systèmes nerveux se régulent en présence des autres (l’inverse étant également vrai), c’est à travers des relations de confiance que nous pouvons activer notre vagal ventral, centre de notre équilibre.

    Ainsi, grâce à des approches somatiques (respiration, mouvement, ancrage, co-régulation par la relation thérapeutique), on peut réapprendre à stimuler le nerf vague et retrouver en nous un état de sécurité et de connexion, nécessaire à notre épanouissement.

    Si vous avez besoin d’être accompagné.e sur votre chemin de guérison, je suis à votre disposition

  • Le nerf vague

    Le nerf vague

    Le nerf vague, appelé aussi pneumo-gastrique, est un des plus longs nerfs crâniens reliant le cerveau et le corps.
    Principal composant de notre système nerveux parasympathique (repos et digestion), il reçoit et transmet les informations via une autoroute à 2 voies: environ 80% des infos sensorielles remontent des intestins vers le cerveau, tandis que seulement 20% du cerveau envoie des signaux vers le reste du corps. Ce fait fascinant démontre le pouvoir considérable du corps sur le cerveau. Nous y reviendrons plus loin.

    Cette branche du système nerveux autonome est responsable de la régulation des fonctions corporelles au repos. Il favorise la détente, la récupération et la régénération après des périodes de stress ou d’activité intense. Il aide à ralentir le rythme cardiaque, à améliorer la digestion, à favoriser la détente musculaire et à réguler les fonctions corporelles essentielles pour maintenir l’équilibre interne.

    Le nerf vague joue un rôle clé dans cette régulation. Il agit comme un «frein» en envoyant des signaux vers les organes pour ralentir l’activité corporelle et favoriser les états de relaxation. Ce nerf relie le cerveau aux organes internes, notamment les intestins, le cœur et les poumons. Il permet de calmer le système nerveux en activant des processus réparateurs, comme la digestion et la récupération après le stress.

    Dans notre société moderne, c’est plutôt l’accélérateur (système sympathique) qui prédomine ; le rythme de vie, le stress constant, la surcharge d’informations et les exigences professionnelles créent une stimulation permanente, nous bloquant dans une énergie de combat. Il devient alors difficile de trouver le « frein », pourtant essentiel à notre stabilité.

    Ce déséquilibre entre les 2 branches du système a des conséquences profondes sur notre bien-être. Nuits perturbées, émotions à fleur de peau, fatigue, anxiété, digestion ralentie, douleurs chroniques, affaiblissement du système immunitaire en sont autant de symptômes. De plus, l’incapacité à enclencher une réponse parasympathique adéquate peut altérer notre capacité à nous recentrer, à prendre du recul face aux défis de la vie, et à maintenir un contrôle perçu sur nos émotions et nos réactions.

    Il s’agit donc d’apprendre à stimuler le nerf vague, notre meilleur allié dans cette régulation, afin de retrouver un équilibre intérieur et renforcer notre capacité à faire face aux pressions de tout ordre.

    Cette régulation doit passer avant tout par le corps – rappelez-vous l’autoroute à 2 voies – afin de lui redonner un sentiment de sécurité (« tout va bien »), pré-requis de rigueur pour que le cerveau accepte de relâcher les tensions et revenir dans son état idéal.

    Respiration consciente, écoute intérieure, méditation, et bien d’autres outils seront vos plus fidèles compagnons de route vers un horizon plus serein.

    Apprenez des techniques pour activer votre nerf vague et retrouver du pouvoir sur votre vie

  • Stress & cerveau

    Stress & cerveau

    Jusqu’à il y a une vingtaine d’années, on expliquait l’évolution du cerveau à travers le modèle triunique, proposé par Paul MacLean (1960). Bien que ce modèle ait été remis en question par les neurosciences modernes, il reste une métaphore utile pour comprendre l’évolution et le fonctionnement de notre cerveau. Selon MacLean, celui-ci serait composé de trois couches successives, empilées au fil de l’évolution :

    Il est le plus ancien et gère les fonctions de survie et les comportements instinctifs. Il comprend le tronc cérébral, les ganglions de la base et le cervelet, responsables entre autres de nos réflexes posturaux (cf. article)

    Siège des émotions, de la mémoire et des apprentissages, il est apparu avec les premiers mammifères. Il s’active quand il y a perception d’une menace (via l’amygdale), mais fait aussi sens de notre environnement grâce à l’insula, qui joue un rôle de passerelle entre les sensations brutes et leur intégration émotionnelle et cognitive.

    Structure la plus récente, il nous permet de raisonner, analyser, prendre des décisions, anticiper, planifier; mais il nous permet aussi d’interpréter notre monde, de comprendre nos émotions et de faire preuve d’empathie.

    Ce qu’on en dit aujourd’hui

    Tout comme le corps ne fonctionne pas en compartiments isolés, mais en réseaux de connexions dynamiques, le cerveau ne se limite pas à ces unités séparées : il est un système vivant, interconnecté, en interaction constante avec lui-même et avec son environnement; on découvre ainsi des échanges entre ces différentes structures cérébrales, des croisements dans le traitement des informations et l’existence de circuits plus complexes impliquant l’entier du cerveau.

    Ce qu’il se passe face au stress

    Quelle que soit la nature du stress (physique, émotionnel, biologique, psychologique, financier, réel ou non), notre corps y réagit toujours: afflux sanguin dans les muscles, rush d’adrénaline, tensions, accélération du rythme cardiaque, etc. autant de signes qu’il se prépare à faire face à une menace et à retrouver son équilibre.

    Grâce à notre cortex préfrontal, nous avons la capacité d’ajuster ces réactions et d’éviter d’être submergé·e. Mais lorsque le stress devient trop intense, ce mécanisme se dérègle : le cortex se met en retrait, laissant place aux réponses instinctives. Même si notre esprit conscient reste présent, nous perdons en partie la connexion avec notre corps, selon l’intensité de la menace perçue et nos ressources pour y faire face.

    La clé ? Rétablir cette connexion perdue en nous mettant à l’écoute de notre corps. Plus nous cultivons ce lien, plus nous retrouvons clarté, équilibre et justesse dans nos réponses face au stress.

    Vous souhaitez parvenir à mieux gérer votre stress et ne plus être submergé·e?

  • Le trauma

    Le trauma

    Comme le soulignent de nombreux experts sur la question, le trauma n’est pas tant ce qui nous est arrivé que l’empreinte laissée en nous. C’est une expérience subjective dont les réactions vont dépendre à la fois de nos ressources internes, de notre environnement (soutien, présence de l’entourage) et du sens que nous donnons à l’événement.

    Rappelons-nous que face à un danger – qu’il soit réel ou perçu – notre corps active instantanément ses réponses instinctives de survie. Celles-ci, orchestrées par notre système nerveux, se manifestent sous forme de 1) mobilisation : la lutte ou la fuite. Dans ces états, le corps tout entier se prépare à réagir (accélération du rythme cardiaque, tension musculaire, etc.). Dans le meilleur des cas, cette (hyper)activation nous permet de trouver en nous la force nécessaire pour faire face, puis de retourner, une fois la menace passée, en état d’équilibre.

    Cependant, lorsque ces stratégies ne suffisent pas – si le danger est trop intense, trop soudain ou perçu comme insurmontable –, notre système entre dans un état de protection ultime, appelé 2) immobilisation. Ce mécanisme, aussi nommé « sidération », agit comme un frein d’urgence, nous empêchant malgré nous de réagir activement. C’est une sorte de « mise en veille » où l’énergie reste bloquée dans le corps, en attente d’une opportunité de relâchement ou de sécurité.

    Quelle que soit la réponse adoptée par notre système, notre physiologie se modifie pour assurer notre survie. Mais si nous ne parvenons pas à libérer cette charge à un moment ou à un autre, ce qui n’était au départ qu’une adaptation temporaire devient un état ancré. Nos difficultés ne sont donc pas « juste dans la tête », elles s’inscrivent aussi dans le corps.

    Le trop, catalyseur du trauma

    Le trauma découle du “trop” : trop tôt, trop fort, trop souvent, trop vite, trop longtemps… soit autant de situations où la fuite, la défense ou la protection nous ont fait défaut ; par manque de maturité de notre système nerveux (chez les enfants par exemple), par manque d’occasion ou encore de ressources pour pouvoir faire face. Parmi les exemples les plus fréquents, on peut citer les violences physiques ou verbales, les abus, l’humiliation répétée, la négligence, les accidents, une perte inattendue, un choc émotionnel, ou encore des contextes environnementaux insécures comme la guerre. Ces expériences submergent notre capacité à revenir naturellement vers un état de sécurité et d’équilibre, indispensable à notre bien-être physique, émotionnel et mental.

    Ce « trop » laisse des empreintes profondes : il empêche notre système de se réguler et peut entraîner non seulement un état d’hypervigilance chronique, comparable à une alarme intérieure qui ne cesse de sonner, mais aussi une véritable déconnexion: nous nous éloignons de nous-mêmes pour échapper à la douleur ou au danger, mais cette séparation intérieure persiste en nous, affectant notre perception des choses et notre manière d’être au monde.

    Guérison du trauma

    La clé de la guérison ne réside ni dans la résolution du « pourquoi », qui ne fait appel qu’à notre mental, ni dans une tentative de « changer le passé », mais dans notre capacité à transformer la relation que nous entretenons avec ce qu’il a laissé en nous. Plutôt que se limiter à parler de nos souffrances – qui parfois ne fait que les entretenir – commençons par modifier notre physiologie.

    Il s’agit avant tout de retrouver un sentiment de sécurité intérieure, une ancre qui nous permet de vivre le présent avec plus de sérénité et de résilience.

    Comme la mémoire traumatique est principalement logée dans le corps, c’est par lui que cette sécurité doit avant tout être incarnée, ressentie et intégrée. Le chemin de la guérison passe par une restauration progressive de notre capacité à répondre – même de manière symbolique – à ce qui nous avait figé dans l’impuissance ou la sidération.

    C’est également un processus de reconnexion : reconnecter le corps et l’esprit, relâcher les tensions et rétablir une cohérence intérieure. En apprenant à écouter et à honorer les signaux du corps, nous ouvrons la porte à une expérience plus complète de nous-mêmes : plus alignée, plus entière, et capable de se mouvoir avec plus de liberté et de fluidité dans la vie.

    Si cet article fait résonner quelque chose en vous, que vous vous sentez bloqué·e – comme un schéma qui se répète – et qu’il vous faut de l’aide pour traverser ces difficultés, n’hésitez pas à me contacter.

    Références:

    • Peter Levine: Réveiller le tigre – Guérir le traumatisme. Editions Inter, 2013
    • Bessel van der Kolk: Le corps n’oublie rien. Editions Albin Michel, 2028
    • Gabor Maté: Quand le corps dit non – le stress qui démolit. Editions Broché, 2017

  • Suis-je traumatisé·e?

    Suis-je traumatisé·e?

    Lorsqu’on parle de trauma, notre esprit est vite invité à imaginer le pire : abus sexuel, violence enfantine, victimes de guerre ou de catastrophes naturelles, etc.
    Et en même temps, ce terme est aujourd’hui tellement galvaudé qu’il est aisément servi à toutes les sauces dans nos conversations les plus banales.

    Dans une situation comme dans l’autre, cela pose une question fondamentale : celle de la légitimité. Cette question revient constamment chez mes patient·es, qui s’interrogent sur leur mal-être et leur droit à le ressentir. J’entends régulièrement en séance des phrases telles que : « J’ai pourtant tout pour être heureux·se », « Je n’ai vraiment pas de quoi me plaindre », « Je devrais être reconnaissant·e pour tout ce que j’ai ». Comme si le droit de souffrir devait être validé par un passé tragique et indiscutablement douloureux. Faute de quoi, il faudrait se taire à jamais et se flageller constamment d’avoir des idées noires.

    Ce raisonnement nous enferme dans un cercle vicieux où la souffrance, loin d’être accueillie, est niée ou minimisée. On amasse alors nos douleurs et nos questionnements sous un tapis qui, au fil des ans, devient de plus en plus épais. Et pourtant, on continue d’essayer tant bien que mal de l’aplatir sous nos pieds, jusqu’à ce que la bosse soit trop grande et qu’elle nous fasse trébucher.

    Or, la souffrance n’est pas une compétition. Il n’existe pas d’échelle universelle de la douleur où certain·es auraient le monopole de la détresse et d’autres devraient se contenter de leur silence. L’impact d’un événement ne dépend pas uniquement de sa gravité objective, mais aussi de l’histoire, des ressources et de la sensibilité de chacun·e. Ce qui peut sembler anodin aux yeux des autres peut laisser une empreinte profonde chez celui ou celle qui le vit.

    Reconnaître sa souffrance, c’est aussi reconnaître son humanité. Ce n’est ni un caprice ni une faiblesse, mais une invitation à écouter ce qui, en nous, appelle à être entendu. Ce n’est qu’en s’accordant le droit d’aller mal que l’on peut commencer à aller mieux.

    « Il n’existe pas de douleur trop petite pour mériter d’être entendue. »

  • L’auto-compassion

    L’auto-compassion

    L’auto-compassion, c’est la capacité à se traiter avec bienveillance, compréhension et respect, de la même manière qu’on le ferait avec un ami proche en difficulté.
    La simple évocation de ce mot suscite bien souvent une résistance en nous, voire une quasi impossibilité à l’envisager pour nous-mêmes. C’est comme si nous nous interdisions toute indulgence envers nos erreurs, persuadé·es que seule la perfection pourra nous assurer l’amour des autres (et peut être de soi).

    Elle est pourtant essentielle à notre bien-être psychologique et émotionnel car elle permet de:

    • réduire le stress et l’anxiété : en se traitant avec douceur, on évite d’ajouter une couche de jugement ou de pression.
    • renforcer la résilience : aide à mieux gérer nos échecs et les difficultés en offrant un espace intérieur sécurisé et apaisant.
    • améliorer l’estime de soi : alors que l’estime de soi peut se baser sur des performances ou des comparaisons, l’auto-compassion repose sur une acceptation inconditionnelle.
    • favoriser des relations saines : en étant moins dur.e avec soi-même, on est souvent plus empathique et bienveillant.e envers les autres.

    Selon Kristin Neff, pionnière dans le domaine, elle repose sur trois piliers essentiels:

    Observer ses pensées et ses émotions sans les juger, ni s’y identifier. Cela implique d’accueillir ce qu’on ressent sans le dramatiser ni l’ignorer.

    Reconnaître que la souffrance, les erreurs et les imperfections font partie de l’expérience humaine, et qu’on n’est pas seul·e dans ces moments difficiles.

    Être doux·ce et compréhensif·ve envers soi, plutôt que critique ou dur·e face à ses erreurs ou ses échecs.

    Quels bénéfices dans notre quotidien?

    L’auto-compassion nous aide à relativiser nos erreurs en les considérant comme une opportunité d’apprentissage ; elle nous libère du critique intérieur en nous permettant de transformer un discours interne souvent dur en encouragement bienveillant; et elle nous aide à accepter nos imperfections et à nous sentir plus en paix avec qui nous sommes.

    Comment cultiver l’auto-compassion?

    Voici quelques pratiques recommandées par Kristin Neff :

    • Le toucher apaisant : poser les mains sur votre cœur, sur le visage ou faites-vous un « hug »; ces gestes simples activent en nous des sentiments de sécurité et de bienveillance.
    • Le dialogue intérieur positif : remplacer les critiques automatiques par des phrases comme : « c’est difficile en ce moment, mais tout le monde traverse des moments compliqués. Je vais m’en sortir. »
    • Le journal d’auto-compassion: chaque soir, prenez quelques minutes pour réfléchir à votre journée et notez tout ce qui vous a fait vous sentir mal, ce pour quoi vous vous êtes jugé·e, ou toute expérience difficile qui vous a causé de la peine. Appliquez ensuite les 3 piliers de l’auto-compassion pour chaque situation difficile : prenez conscience de vos ressentis (1), rappelez-vous que vous n’êtes pas seul·e à faire des erreurs (2), écrivez-vous des mots de réconfort et d’encouragement, comme vous le feriez pour un ami (3).

    La compassion pour soi-même, ça s’apprend. Si vous avez besoin de soutien pour la développer, je suis là pour vous.

    Références:

    • Kristin Neff. Self compassion
    • Mona Chollet: Résister à la culpabilisation. Editions La Découverte, 2024

  • Les liens d’attachement

    Les liens d’attachement

    La théorie de l’attachement est un concept fondamental en psychologie: elle explore la manière dont les liens affectifs entre les enfants et leurs figures parentales influencent leur développement émotionnel, social et cognitif tout au long de la vie. Ainsi, nos relations à l’âge adulte seront toujours teintées de ce que nous avons vécu et appris avec nos référents.

    Formulée dans les années 1950 par le célèbre psychologue John Bowlby puis classifiée plus tard par sa collègue Marie Ainsworth, cette théorie démontre aujourd’hui 4 styles d’attachement :

    Ces enfants sont à l’aise pour explorer leur environnement, mais cherchent du réconfort auprès de leur figure d’attachement lorsqu’ils sont inquiets. Ils savent que leur parent est disponible, fiable et constant lorsqu’ils en ont besoin.

    A l‘âge adulte, il ou elle a développé une bonne stabilité émotionnelle, est à l’aise avec l’intimité, gère bien les conflits et peut facilement passer de la connexion à la solitude.

    Les enfants évitants montrent peu de détresse lorsqu’ils sont séparés de leur figure d’attachement et évitent le contact physique lors des retrouvailles. Cela peut refléter un référent distant, peu disponible émotionnellement et plutôt centré sur les tâches.

    A l’âge adulte, ayant internalisé « je survis mieux si je suis seul·e« , il ou elle peut se montrer méfiant·e, méprisant·e, laconique, bien plus factuel·le qu’émotionnel·le et plutôt tourné·e vers la solitude.

    Les enfants ambivalents deviennent très anxieux à l’idée d’être séparés de leur parent. Lors des retrouvailles, ils peuvent chercher du réconfort, mais aussi se montrer en colère ou contrariés, car ils ont du mal à se sentir en sécurité dans la relation. Ce type de comportement démontre une inconsistance dans le style parental (on/off), un renversement des rôles (parentification) ou un manque de frontière.

    A l’âge adulte, il ou elle peut chercher la sécurité chez l’autre, avoir peur de l’abandon (couplée à de la détresse), veut connecter mais pourtant repousse « je veux mais je ne se sais pas comment », comme une incapacité à recevoir de l’amour.

    Ce type d’attachement est souvent observé chez les enfants qui ont vécu des expériences traumatisantes ou abusives. Ces enfants peuvent manifester un comportement incohérent et confus et vivre beaucoup de honte. Les référents ont pu se montré menaçants, inconsistants ou chaotiques, déclenchés par leurs propres traumas.

    A l‘âge adulte, il ou elle peut montrer une incohérence dans ses réactions, ses paroles, développant des troubles de la personnalité et des états de dissociation (dûs à un passé trop lourd).

    Notons que nous ne sommes pas limité·es à un seul lien d’attachement; nous pouvons avoir une combinaison de styles qui varient selon les relations, les contextes et parfois même des moments de vie.

    Quel que soit notre âge, le processus de guérison est toujours possible, car nos besoins fondamentaux de connexion et de sécurité sont présents tout au long de notre vie, même s’ils nous ont cruellement manqués.
    Bien que les peurs et les réactions issues d’un attachement non sécurisé puissent être puissantes, elles ne sont pas figées.
    Grâce à un travail thérapeutique et relationnel, il est possible de rétablir cette sécurité intérieure, même dans des contextes de souffrance, et de rétablir des relations plus équilibrées et épanouissantes.

    Pour faire la paix avec votre passé et retrouver votre sécurité intérieure

    Référence:

  • Respirer mieux

    Respirez moins, respirez mieux.

    Nul ne peut nier aujourd’hui l’importance de la respiration, encore moins pour celles et ceux qui la cultivent à travers le yoga. Elle est la pierre angulaire de notre bien-être physique, mental et émotionnel; la voie d’accès vers un apaisement mental; la première porte vers une relaxation corporelle profonde.

    Et pourtant, rares sont les personnes qui savent comment (bien) respirer, même chez les yogi·nis ; comme l’expliquent plusieurs experts sur la question, nous sommes une culture de sur-respiration. Par peur de manquer d’air, nous respirons trop, trop fort, trop souvent, trop haut, trop superficiellement, épuisant les ressources de notre corps.

    Pas étonnant me direz-vous, dans une société qui nous pressurise à performer, à produire davantage, à être présent·e et efficace sur tous les fronts, dans une frénésie du « jamais assez » et du « toujours plus ».
    Ce climat anxiogène nous éloigne de l’essentiel, nous déconnecte de nous-même et nous guide inévitablement vers le mode fight / flight, appelant notre corps à se tensionner, empêchant ainsi toute fluidité dans notre système.

    En lisant ces lignes, asseyez-vous confortablement. Déposez votre corps dans le support, comme si vous étiez irrésistiblement attiré·e par la gravité. Mais sans vous effondrer pour autant.

    Puis inspirez doucement par le nez. Et expirez lentement par le nez. Répétez. À votre rythme. Sans forcer. Sans vous précipiter. Prenez votre temps.

    Imaginez que chacune de vos inspirations vient gonfler un ballon, qui s’expand dans toutes les directions. Et qu’à chaque expiration, ce ballon se dégonfle lentement. Rien à forcer. Rien à performer. Continuez.

    Après quelques cycles, essayez de réduire le volume de votre ballon en prenant moins d’air; vous cherchez à respirer moins que votre envie naturelle, tout en restant confortable. Si vous sentez une légère sensation de manque d’air, vous êtes juste. C’est le signe que le CO2 s’accumule doucement; ce CO2 qui permet à l’oxygène de nourrir efficacement nos cellules.

    Observez ce qu’il se passe en vous. Peut-être que votre rythme a ralenti; que quelque chose en vous commence à se calmer; que vous sentez un peu plus d’espace, de fluidité ou de facilité. Si c’est le cas, essayez d’allonger un peu votre temps d’expiration, tout en restant dans le confort. C’est l’expiration surtout qui va vous aider à vous apaiser et à vous intérioriser.

    La respiration devient toujours plus douce, plus silencieuse, plus légère; comme si vous aviez une plume sous votre nez et essayiez de la déranger le moins possible.

    Si c’est encore difficile, n’insistez pas; restez simplement avec votre respiration telle qu’elle est et continuez à l’observer avec douceur et bienveillance. Sans la juger. Ça ne sert à rien.

    Quand vous sentez que c’est le moment, revenez dans la conscience de vos appuis. Bougez légèrement votre corps. Et tout en restant dans votre expérience intérieure, reliez-vous à votre environnement extérieur: ouvrez les yeux, regardez autour de vous, appréciez ce qui vous entoure. Et remerciez-vous d’avoir pris ce temps pour vous.

    La respiration affecte notre rythme cardiaque, notre digestion, le fonctionnement de nos organes, notre humeur, nos émotions, etc.
    Bien que faisant partie de notre système nerveux autonome, elle est le seul élément de ce réseau sur lequel nous avons un pouvoir d’action conscient.
    En lui donnant nous-même une direction, elle peut endosser le merveilleux rôle d’interrupteur de notre système nerveux par activation du nerf vague, chef d’orchestre de notre équilibre physiologique.

    Les traditions ancestrales, enrichies par les découvertes scientifiques modernes, offrent une multitude de techniques pour jouer avec le tempo, les rétentions, les mudras, les hyperventilations, etc. Toutes visent un même objectif : apprivoiser le souffle pour mieux nous libérer.

    Mais avant de multiplier les techniques, commencez par la simplicité. Juste inspirer…, et expirer. Et revenez-y, encore et encore. Votre corps vous remerciera.

    Respirer en pleine conscience, c’est s’offrir un espace de régénération, de recentrage et de recul face aux défis du quotidien.
    C’est un outil précieux, toujours à portée de main, à utiliser à tout moment.

    Réapprivoisez votre souffle pour retrouver le calme en vous

    Références:

    • James Nestor: Le pouvoir extraordinaire de la respiration. Éditions Broché, 2021
    • Patrick McKeown. Oxygen advantage
    • André Van Lysbeth: Pranayama, la dynamique du souffle. Éditions Poche, 2019
    • B.K.S Iyengar: Pranayama Dipika, lumière sur le Pranayama. Éditions Broché, 2012

  • Bien dormir

    Le sommeil

    Quand j’étais plus jeune, je posais ma tête sur mon oreiller et m’endormais instantanément dans un sommeil si profond que rien ne pouvait me perturber ; je me réveillais pourtant souvent fatiguée, me répétant chaque matin « ce soir je me couche plus tôt », mantra balayé aussitôt la soirée amorcée.

    Puis la maternité et la quarantaine ont rendu mes nuits plus difficiles, plus courtes, plus fragmentées ; les boules quiès sont devenues mes meilleures amies et le besoin d’améliorer mon sommeil un nouvel intérêt de recherches… car c’est souvent à partir d’un certain âge que maintenir une qualité de vie devient notre priorité !

    Dormir n’est pas juste une routine : c’est une nécessité universelle, partagée par toutes les espèces, et qui occupe un tiers de notre existence. Son importance est pourtant souvent minimisée, alors qu’il est au cœur de notre capacité à fonctionner, à penser clairement, et à relever les défis du quotidien.

    Un sommeil de mauvaise qualité n’est jamais anodin, mais il n’est heureusement pas une fatalité car des solutions efficaces existent.

    Se poser les bonnes questions

    Mais avant toute amorce de changement, il me semble indispensable de mieux se connaître, afin de définir quels sont le(s) point(s) problématique(s) et savoir où et comment mettre son énergie vers une amélioration.

    Il peut déjà être intéressant de se poser les questions suivantes :

    • ai-je des habitudes qui pourraient péjorer mon sommeil?
    • est-ce que je vis du stress ou de l’anxiété dans mon quotidien ?
    • comment est-ce que je considère mon hygiène de vie ?
    • ai-je des pensées ou des croyances négatives autour du sommeil ?

    Les réponses vous permettront déjà de mieux cerner vos besoins.

    Mon rôle sera ensuite de vous aider à éliminer ce qui vous est délétère, améliorer ce qui vous est accessible, créer de nouvelles habitudes, transformer vos pensées et développer votre résilience. Nous travaillerons sur l’aspect psychologique, comportemental et somatique (corporel) pour une expérience complète et efficiente. Au rythme qui est le vôtre. Dans la mesure de vos possibilités. Et dans le respect de votre individualité.

    Vers mon meilleur sommeil

  • Strength training

    Redécouvrez la force en mouvement

    Haltères, Kettlebels, etc. Les poids ont longtemps éveillé dans l’inconscient collectif l’image de salle de gym à taux de testostérone élevé, apanage du mâle alpha en recherche d’un corps d’Apollon. Nous avons pu en rigoler, juger, être intimidé·e ou envier, sans jamais pourtant nous sentir concerné·es.

    Depuis quelques années, cet a priori s’est bien effrité dans le monde du mouvement; la science révèle aujourd’hui que travailler autrement qu’avec le simple poids de son corps a d’énormes bénéfices, en particulier pour les + de 40 ans qui subissent une perte musculaire et osseuse importante (et surtout chez les femmes).

    Nous avons toutes et tous envie de conserver notre endurance, notre mobilité et notre force; pouvoir jouer avec nos enfants ou petits-enfants, porter nos courses sans effort, nous relever du sol sans avoir l’air d’avoir 150 ans… bref, rester autonomes, dynamiques et bien dans nos baskets.

    Ainsi, ajouter des charges dans l’entraînement, c’est donner à son corps les bons signaux pour rester en forme sur le long terme.
    Bonne nouvelle, le travail en résistance ouvre maintenant ses portes à tout·e un·e chacun·e. sans se sentir obligé·e de passer par la case fitness. Et nous le proposons dorénavant chez oOom!

    Mon envie est de vous le rendre facile, attractif et ludique. Toujours en respectant l’organisation naturelle de votre corps, en privilégiant le mouvement global, fonctionnel et conscient, et en travaillant avec les qualités des fascias.

    Que vous soyez dans vos 40, 50 ans ou au-delà, je vous encourage à considérer ces nouveaux jouets comme un bouleversement futur positif dans votre façon de bouger.

    • renforcement des muscles et des os
    • meilleure mobilité et prévention des blessures
    • gestion du métabolisme et donc du poids
    • amélioration du système cardiovasculaire
    • réduction du stress et boost cognitif
    • meilleur équilibre hormonal
    • augmentation de la puissance et endurance
    • meilleure estime de soi

    Ce parfait complément au yoga vous redonnera le contrôle de votre santé, de votre force et de votre vitalité.

    Élargissez vos horizons et retrouvez votre sentiment de puissance!

  • Changer ses habitudes

    Envie de changer ses habitudes?

    Nous cherchons toutes et tous à différents moments de notre vie à modifier certains aspects de notre quotidien: faire plus de sport, boire moins de café ou d’alcool, manger sainement, perdre du poids, arrêter de fumer, se coucher tôt, méditer, etc. autant de résolutions souvent avortées avant même d’avoir été entamées, mais pourtant TOUJOURS accompagnées d’un lourd sentiment de culpabilité:

    « je suis nul·le, je n’ai vraiment aucune discipline »,

    « pourquoi les autres y arrivent et pas moi »,

    « c’est toujours pareil avec moi »,

    « de toute façon je finis toujours par abandonner »

    Oui, nous excellons dans l’art de l’auto-flagellation.

    Une habitude est un comportement régulier et automatique, ancré dans notre quotidien, souvent déclenché par un contexte ou une situation spécifique. Elle peut être intentionnelle ou non, et se passe de notre conscience avec le temps.

    Changer une habitude, c’est reprogrammer nos comportements pour qu’ils deviennent automatiques. Elle repose sur la répétition plus que sur la motivation et s’ancre dans nos vies en fonction de nos routines, de notre environnement et de notre identité.

    Allégeons-nous tout de suite de notre culpabilité: contrairement à nos croyances, la discipline n’est pas le facteur clé pour la réussite à long terme; les personnes qui réussissent ne sont pas forcément plus disciplinées, mais elles ont structuré leur environnement pour que le bon choix soit le plus facile (cf plus bas, les 4 principes du changement).

    La discipline sera donc utile pour démarrer la nouvelle habitude à adopter, mais sera rapidement remplacée par d’autres facteurs plus importants et efficaces.

    Pour qu’une nouvelle habitude tienne, il est essentiel de commencer petit, de rester constant, et de se concentrer sur qui nous voulons devenir plutôt que sur de simples objectifs. Par exemple:

    • Objectif : « Je veux faire du sport régulièrement. »
    • Identité : « Je suis une personne active. »
    • Objectif : « Je veux manger plus sainement. »
    • Identité : « Je suis quelqu’un qui nourrit son corps avec soin. »
    • Objectif : « Je veux dormir plus tôt. »
    • Identité : « Je suis une personne qui respecte ses cycles de sommeil. »

    21 jours, 6 semaines, 3 mois… On entend souvent ces chiffres comme s’il existait une formule magique pour ancrer un nouveau comportement dans notre quotidien. Mais la réalité est bien plus nuancée.
    Les études montrent une grande variabilité entre les individus; une recherche menée par l’University College London indique que cela peut prendre entre 18 et 254 jours, avec une moyenne de 66 jours!

    Pourquoi? Eh bien, certaines habitudes sont plus faciles à mettre en place que d’autres, nos contextes de vie peuvent aisément faire fluctuer notre motivation, et notre environnement n’est pas toujours adéquat.

    Ce qui compte n’est pas le nombre de jours, mais la régularité et la patience. Plutôt que de viser une transformation rapide, il vaut mieux s’engager dans un processus progressif et flexible. L’important, c’est de créer un système qui soutient l’habitude, plutôt que de compter les jours en espérant un changement soudain. Alors, au lieu de vous demander :

    « Combien de temps cela va-t-il prendre ? », demandez-vous plutôt

    « Comment puis-je rendre cette habitude plus facile et agréable à tenir sur le long terme ? »

    Pour mettre en place une nouvelle habitude, il est utile de suivre ce protocole proposé par James Clear, auteur de « Atomic Habits ».

    1. rendez-là VISIBLE : il sera bien plus facile de changer de comportement si on n’a pas à y penser parce c’est là sous nos yeux
    2. rendez-là ATTIRANTE : voyez comment y mettre du plaisir tout en veillant à supprimer les tentations
    3. rendez-là SIMPLE : fractionnez votre objectif en cherchant le 1% d’amélioration chaque jour
    4. rendez-là SATISFAISANTE : pistez vos progrès et récompensez-vous pour vos efforts

    Et pour vous aider à y arriver, anticipez!

    • Créez un PLAN pour cette nouvelle habitude que vous voulez adopter
    • Ayez un PLAN B si vous échouez, et reprenez là où vous vous êtes arrêté, sans culpabiliser. Ce qui compte c’est la constance, pas la perfection.

    Soyons clair·e: ancrer une nouvelle habitude, c’est agir volontairement comme un « no brainer ». Si vous laissez votre mental s’en mêler en remettant tout en question, soyez assuré que le chemin sera ardu!

    Mais essayez, car c’est d’une efficacité incroyable… accessible, simple à mettre en place et tourné vers la bienveillance envers soi-même; je suis intimement persuadée que c’est exactement ce dont nous avons besoin pour prendre mieux soin de nous et être fier·ère de le faire.

    Vous souhaitez être soutenu·e dans votre envie de changement?

    Référence

    • James Clear : Atomic Habits. Tiny changes, remarkable results. Editions Penguin, 2018
  • Les douleurs chroniques

    Douleurs chroniques

    Quand on parle de douleur chronique, le discours dominant tourne souvent autour d’une dichotomie entre fatalisme et culpabilisation:

    « c’est dans la tête »

    « il faut apprendre à vivre avec »

    « tu devrais renforcer ton corps »

    « tu as vraiment tout essayé? »

    Heureusement, notre compréhension de la douleur s’est nettement améliorée depuis ces vingt dernières année; il est possible aujourd’hui d’en transformer radicalement notre expérience et de contacter notre pouvoir de guérison.

    La douleur a longtemps été vue – et l’est encore – comme le résultat d’un dommage tissulaire; cependant, même si celui-ci peut en être l’origine, les tissus finissent toujours par guérir, et ce dans un espace-temps de quelques jours à quelques semaines. Ainsi, la persistance de la douleur au-delà de 3 mois après ladite blessure nous fait basculer dans la catégorie des « douleurs chroniques », impliquant toujours – du moins en bonne partie – un dysfonctionnement du système nerveux.

    Contrairement à ce que nous pourrions croire, nous n’avons pas de récepteurs ou de signaux de la douleur; celle-ci n’est donc pas dans nos tissus, qui ne peuvent simplement pas en avoir conscience. La douleur est bien plus complexe que cela, car elle englobe la totalité de notre être: notre contexte social, notre éducation, notre histoire, nos croyances, notre état émotionnel, nos expériences passées, nos peurs. Pas de signaux de douleur donc, mais des signaux de danger, évalués par un système nerveux unique qui définira – selon le filtre de qui nous sommes – le degré de sécurité / de menace dans lequel il se sent.

    Selon l’intensité de la menace perçue, la réaction de douleur pourra donc être très différente. Nous pouvons alors affirmer qu’elle est une construction de notre cerveau!

    La compréhension de la douleur sous l’angle du cerveau peut transformer nos stratégies de gestion de celle-ci ; elle souligne l’importance de l’environnement et de l’état émotionnel dans la perception de nos maux. Ainsi, transformer notre rapport à la douleur et la considérer différemment peut grandement changer les choses.

    Puis modifier (certains de) nos comportements stimulera notre capacité de guérison en nous permettant de sortir du cercle vicieux de la douleur; mouvement, alimentation, sommeil, régulation du nerf vague, etc. sont autant de pistes à explorer pour regagner en contrôle et retrouver enfin notre corps sans souffrance.

    Si vous êtes intéressé·e, je propose un stage sur les douleurs chroniques en mai prochain

  • Fascia & biotensegrité

    Fascia & biotensegrité

    La tenségrité est un principe architectural développé au 20e siècle par l’architecte et philosophe Buckminster Fuller. Combinaison des mots tension et intégrité, Fuller – avec son élève Kenneth Snelson – ont pu démontrer la notion d’auto-contrainte, soit l’existence d’un système qui, par son jeu continuel de forces opposées et synergiques, crée une stabilité dynamique, et ce indépendamment des forces de gravité qui le traversent.
    Ainsi, dans un système en tenségrité, quand un élément bouge, c’est tout l’ensemble qui réagit; les forces tensio-compressionnelles se distribuent à travers toute la structure et s’adaptent pour que l’équilibre soit maintenu.

    Cette fascinante découverte fut reprise plus tard par le Dr Steven Levin, qui appliqua le principe de tenségrité à notre organisation structurelle. Selon cette théorie, le corps maintient son équilibre et sa stabilité grâce à un réseau de structures osseuses, musculaires et fasciales qui interagissent en harmonie, plutôt que par la simple force des muscles agissant individuellement.

    Mais cette construction se retrouve également au niveau microscopique, soit dans l’organisation même de la cellule, celle-ci s’adaptant et répondant différemment en fonction des forces mécaniques exercées sur elle. Le fascia est le tissu de choix pour expliquer l’effet des contraintes tensio-compressionnelles car c’est sa tension qui garde le corps ensemble et debout. Au cours du développement embryonnaire déjà, notre fascia s’est différencié en fonction de la demande, se rigidifiant au point de créer un os ou s’assouplissant pour en faire un tissu mou. Mais quelle que soit sa forme ou sa densité, sa localisation ou sa fonction, c’est toujours un seul et même tissu.

    Ces forces biodynamiques continuent de façonner notre architecture vivante tout au long de notre vie. Notre fascia et son réseau de 250 millions de récepteurs s’adapte et réagit en permanence à nos stress physique ou psychologique, communiquant directement avec notre système nerveux. Il est d’ailleurs communément nommé « l’organe sensoriel le plus vaste de notre corps ».

    Le mouvement (conscient) est un des moyens les plus efficaces pour transformer l’état de notre fascia et ramener du bien-être dans notre globalité.

    A la manière d’une éponge plongée dans l’eau, nous rencontrons les qualités de ce tissu visco-élastique en le réhydratant par différents mouvements, lui redonnant du volume, de la flexibilité, une capacité de glissement, et une meilleure communication avec l’ensemble. Stabilité, mobilité, connectivité, intégration, distribution sont les concepts-clé qui régissent notre nouvelle façon de bouger et accompagnent notre exploration corporelle. On n’isole plus, on ne segmente plus, on ne hiérarchise plus. On relie.

    Cette modélisation a des implications profondes dans la compréhension de la biomécanique et de la physiologie du mouvement humain. Bienvenue dans l’anatomie du 21e siècle!

    Pour aller plus loin dans la compréhension des fascias

    • Joanne Avison: Yoga, fascia, anatomy & movement
    • David Lesondak : Le Fascia, un nouveau continent à explorer
    • Robert Schleip, Tom Myers, John Sharkey, Carla Stecco : les quelques experts sur la question

    Explorez cela dans votre corps avec nos cours de Soma Yoga, en collectif ou en individuel

  • Neurologie & mouvement

    La neurologie appliquée au mouvement

    Toute information dans le corps est avant tout sensorielle; nous avons d’un côté nos sens dits extéroceptifs (vue, toucher, ouïe, odorat, goût, proprioception) qui nous donnent des indications sur le monde qui nous entoure et de l’autre nos sens intéroceptifs, qui nous relient à nos états internes. On englobe dans cette perception intérieure autant la régulation physiologique (température, respiration, rythme cardiaque, …) que la conscience de nous-mêmes dans son sens large.

    Mais on peut y ajouter les empreintes de nos expériences passées, nos affects, nos croyances qui vont, autant que nos sens plus « biologiques », moduler d’une manière ou d’une autre nos réponses ou réactions face à notre environnement.

    Et c’est bien de tout cet ensemble qu’il s’agit: de toute information multi-sensorielle résulte une réponse motrice, qui dépendra du système nerveux et de sa perception de la situation: à la manière d’un videur de boîte de nuit qui décide pour nous si la fête vaut la peine d’être vécue, notre cerveau intégrera et analysera tous les inputs sensoriels puis les filtrera par le tamis de la sécurité: si sentiment de sécurité il y a, l’évolution (ici, le mouvement) sera possible. Mais si c’est une impression de danger qui prédomine, des réponses réflexes de défense vont apparaître, nous protégeant par la-même de la menace.

    Pourquoi est-ce important pour nous de le comprendre, tant au niveau du mouvement que de notre psychologie?

    Parce que si on ne prend pas en considération ce chef d’orchestre qu’est notre système nerveux, régulateur en or de nos fonctions internes, nous passons à côté de ce qui pourrait nous faire avancer, nous débloquer et nous voir évoluer dans le sens de nos désirs. En ne respectant pas sa nature, nous forçons le changement par la volonté ou par la lutte et risquons au mieux de la frustration, au pire des blessures.
    Si à l’inverse nous célébrons son souci noble de nous protéger, nous pouvons trouver des stratégies intelligentes et efficaces pour le changement. Soit sécuriser pour mieux libérer.

    Au niveau psychologique, toute approche pour calmer le système nerveux sera utile, puisque qu’un système en équilibre fait naturellement baisser notre garde ; et une vigilance au repos adoucit nos tensions musculaires et délie le mouvement.

    Au niveau physique, c’est l’augmentation des inputs qui sera privilégiée par la stimulation de tous les systèmes: visuel, vestibulaire, tactile, olfactif, proprioceptif, intéroceptif, etc.
    Cette abondance informative développera une cartographie plus complète de notre corps, permettant au cerveau de mieux évaluer s’il y a danger ou non et de changer sa réponse motrice en fonction de son interprétation des signaux.

    Pour un travail corporel intégré, évolutif, intéressant et aux résultats concluants, l’ajout de cette dimension neurologique donnera une expérience de soi plus complète et efficace.

    Retrouvez ces aspects dans les cours de Soma Yoga ou en séance individuelle selon vos préférences.

  • Les 3 satellites du système nerveux

    Les 3 satellites du système nerveux

    La collaboration de 3 de nos systèmes sensoriels est indispensable pour que le cerveau, notre GPS, puisse faire sens de son environnement et adapter ses réponses en fonctions des informations qu’il reçoit. Ces 3 systèmes sont – dans cet ordre précis – le visuel, le vestibulaire et la proprioception.

    1. Système visuel

    Le système visuel est le système sensoriel qui permet de percevoir et d’interpréter les stimuli lumineux pour former des images. Il est essentiel pour naviguer dans notre environnement, coordonner nos mouvements et interpréter visuellement le monde qui nous entoure.

    Dans la hiérarchie neuronale, il est le premier système en jeu qui permet l’intégration et le traitement des informations externes par le cerveau.

    2. Système vestibulaire

    Le système vestibulaire est un organe sensoriel situé dans l’oreille interne. Il répond à la question « suis-je bien localisé dans mon espace ?« . Il perçoit la gravité, stabilise les yeux lors des mouvements et déclenche des réponses musculaires réflexes pour assurer la posture et la coordination globale.
    En lien constant avec la vision et la proprioception, il agit comme un système d’intégration sensoriel, filtrant la quasi-totalité des informations du corps. Il est aussi impliqué dans le contrôle du sommeil, des humeurs, de l’horloge biologique et des réseaux de la douleur; ll est donc intéressant de le travailler si on est sujet à des douleurs chroniques.

    Un manque d’activation de ce système peut causer des chutes, une perte de repères dans l’espace, des vertiges, etc.

    3. Proprioception

    C’est le sens qui répond à la question « où suis-je par rapport à ce qui m’entoure? » ; il nous donne une conscience de notre espace, la perception de soi-même, le sens de Soi. Sorte de système tactile interne, il repose sur des récepteurs logés dans les muscles, articulations et tendons ainsi que des capteurs cutanés qui renseignent le cerveau en permanence, sans avoir à passer nécessairement par la conscience.

    La proprioception est importante pour :

    • le contrôle moteur : précision sur nos mouvements et actions.
    • la stabilité et l’équilibre : réactivité face aux changements de l’environnement
    • la coordination : permet la fluidité et l’efficacité entre les différentes parties du corps.

    Ce sens sera toujours celui qui s’adapte quand les 2 autres sont dysfonctionnels

    Mieux habiter son corps

    Si on souhaite améliorer son équilibre, sa coordination et sa perception spatiale, diminuer ses douleurs et gagner en contrôle, les 3 systèmes doivent être adressés sur un plan d’égalité : stimulations tactiles, exercices d’équilibre sur différentes surfaces, mouvements dynamiques, croisés, travail en résistance, changements de vitesse et d’échelle, jeux de coordination oeil-main, rotations de la tête, mouvements oculaires (convergence/divergence, yeux ouverts/fermés, mouvements en 8, etc.), palming/clignements, respiration (…) sont autant d’éléments qu’on peut s’amuser à explorer afin de nourrir notre cerveau de davantage d’informations. Nous entretenons ainsi cette boucle vertueuse:

    +++ d’inputs = plus de sécurité = moins de tensions et donc de douleur = plus de bien-être!

    Notre sensation d’équilibre physique nous reliant à notre sentiment de sécurité intérieure, les bénéfices de cet enrichissement sensoriel ne seront pas que physiques : ils nous aideront à développer une meilleure conscience de Soi, une différenciation plus claire entre notre monde intérieur et le monde extérieur et une plus grande stabilité émotionnelle.

    Si on pouvait ajouter un 4e satellite, ce serait…

    L’intéroception. Ce système n’est pas directement lié au 3 autres, qui forment dans notre cerveau un vrai trio indissociable, mais il est pourtant d’une importance capitale. L’intéroception, c’est le sens qui répond à la question « comment je me sens dans mon espace?« . Elle capte les signaux internes (cœur, digestion, etc.) et nous permet de ressentir nos besoins physiologiques via l’insula, une région du cerveau qui traduit ces signaux en émotions.

    L’insula lie aussi la conscience de soi à la conscience sociale, nous aidant à ressentir l’empathie et à comprendre les autres.
    Développer cette écoute intérieure favorise la régulation de nos états physiques et émotionnels.

    Si vous souhaitez vous sentir mieux dans votre corps, je peux vous aider

  • Les réflexes archaïques

    Réflexes archaïques & schèmes locomoteurs

    Les réflexes archaïques (RA) et les schèmes locomoteurs de développement sont des bases fondamentales de notre construction physique, émotionnelle et cognitive.
    Bien que leur rôle soit particulièrement crucial dans les premières années de vie, ils continuent d’influencer notre équilibre tout au long de notre existence.
    Ces réflexes et schèmes, lorsqu’ils sont bien intégrés, favorisent un développement harmonieux. Cependant, des accidents, des chocs émotionnels ou physiques, ou encore des périodes de stress prolongé peuvent perturber cet équilibre, causant tensions, limitations posturales mais aussi difficultés cognitives, émotionnelles et relationnelles.

    Il est heureusement toujours possible de réactiver et de réintégrer ces fondations à tout âge grâce à des approches corporelles adaptées.

    Réflexes archaïques

    Les RA sont des mouvements automatiques présents dès la vie intra-utérine et activés dès la naissance. Gérés par le cerveau primitif, ils jouent un rôle fondamental dans notre survie et posent les bases de notre développement moteur, émotionnel et cognitif.
    Ces réflexes sont temporaires et conçus pour évoluer. À mesure qu’ils s’intègrent, ils permettent au corps de développer des mouvements plus volontaires et complexes.
    Mais leur rôle ne s’arrête pas là : ils influencent aussi notre manière de percevoir et d’interagir avec le monde : un réflexe bien intégré aide non seulement à affiner la coordination motrice, mais aussi à soutenir la régulation émotionnelle et la confiance en soi.

    Un RA non intégré peut amener le corps à rester « bloqué » dans des réponses automatiques immatures. Cela peut se manifester par des :

    • troubles d’apprentissage comme la dyslexie, où la coordination œil-main est affectée.
    • difficultés de concentration ou TDAH, car le système nerveux reste en « alerte » permanente, rendant la régulation émotionnelle plus difficile.
    • problèmes sensoriels ou hypersensibilité, dus à un manque de maturation des voies nerveuses.
    • insécurité émotionnelle, car le corps n’a pas intégré des bases physiques de stabilité et de confiance.

    On compte une trentaine de réflexes majeurs pour notre développement moteur, émotionnel et cognitif. Les 2 réflexes archaïques les plus anciens qui posent la base de tous les autres sont le réflexe de paralysie par la peur (RPP) et le réflexe de Moro.
    Ils activent tous deux le système nerveux autonome : le RPP sollicite la branche dorsale du nerf vague (parasympathique), entraînant une immobilisation complète (freeze), tandis que le Moro active le SN sympathique, déclenchant une réaction de fuite ou de combat. Ces réponses instinctives influencent nos réactions au stress tout au long de notre vie.

    Les réflexes posturaux sont une évolution des réflexes archaïques. Contrairement aux réflexes primitifs, qui sont involontaires et disparaissent avec la maturation du système nerveux central, les réflexes posturaux remplacent les réflexes archaïques pour soutenir le contrôle moteur, l’équilibre et la coordination tout au long de la vie.

    Schèmes locomoteurs

    Les schèmes locomoteurs de Bartenieff représentent les étapes par lesquelles le corps développe une coordination, une conscience corporelle et une efficacité dans le mouvement. A l’instar des réflexes archaïques, ces schèmes ne se limitent pas à notre motricité mais structurent également la manière dont nous organisons nos pensées, régulons nos émotions et établissons des relations sociales.

    Les six étapes suivent une progression naturelle. Chacune construit les bases pour la suivante et permet à l’individu de développer une connexion plus profonde entre le corps et l’espace environnant. Je vous les nomme dans l’ordre mais ne les développerai pas ici.

    1. respiration
    2. radiation du nombril
    3. schème spinal
    4. schème homologue
    5. schème homolatéral
    6. schème controlatéral

    Réactiver nos fondations

    En travaillant sur les réflexes archaïques et les schèmes de mouvement, on peut ré-enrichir les connexions internes perdues. Ces pratiques permettent:

    • de réorganiser les schémas moteurs pour retrouver fluidité et coordination dans les mouvements.
    • de rétablir un équilibre global en harmonisant les interactions entre le corps et le système nerveux.
    • d’apaiser les tensions émotionnelles en régulant le système nerveux autonome, ce qui contribue à réduire le stress et à retrouver plus de sérénité.
    • de recréer un sentiment de sécurité interne, essentiel pour mieux interagir avec soi-même et avec les autres.

    Ces approches permettent de renouer avec une forme de cohérence entre le corps et l’esprit, en ravivant des ressources naturelles souvent oubliées ou enfouies. Ce travail est une invitation à explorer notre potentiel de guérison, à rétablir une harmonie intérieure, et à retrouver une connexion profonde avec nous-mêmes.

    Continuez à nourrir vos connexions internes avec le Soma Yoga, en individuel ou en cours collectifs

    Références

  • Les bercements

    Bercements & oscillations

    Fermez les yeux un instant et remontez dans vos souvenirs. Si vous avez des enfants, pensez à eux, sinon imaginez simplement un bébé en détresse. Que faites-vous instinctivement ? Vous le prenez dans vos bras et commencez à le bercer. Pourquoi ? Parce que, sans même y réfléchir, vous savez que ce mouvement apaise. Il rassure l’enfant… et vous apaise aussi. Car ce petit être ne peut pas encore se réguler seul – il a besoin de la présence stable et du rythme d’un autre pour retrouver son équilibre.

    Voici déjà un premier bénéfice des bercements.

    Imaginons maintenant ce bébé en train de se développer pour pouvoir explorer le monde: toutes les étapes vers la locomotion pour appréhender son environnement (mouvements évolutifs, réflexes archaïques et posturaux, etc. (cf. article)) posent les jalons de sa maturité cérébrale.

    Harald Blomberg, psychiatre suédois, s’y est beaucoup intéressé et a constaté que certains mouvements rythmiques, proches de ceux que fait un bébé naturellement, aidaient justement à intégrer les réflexes primitifs non développés ou mal intégrés, amélioraient la posture, la régulation émotionnelle, l’apprentissage et même atténuaient des troubles comme le TDAH, les difficultés d’apprentissage ou les troubles sensoriels.

    On y retrouve les bercements, qui jouent un rôle clé dans la réorganisation du tonus corporel, et comme nous l’avons compris maintenant, dans la régulation du système nerveux et donc du stress. Ils permettent de:

    • relâcher les tensions sans forcer le corps à se détendre.
    • soutenir la connexion corps-esprit en douceur.
    • favoriser un état de réceptivité et de régulation nerveuse (via le nerf vague).
    • développer une meilleure perception de l’espace à intérieur du corps.
    • créer un sentiment de sécurité interne

    Comment expérimenter les bercements?

    Les bercements créent rapidement une sensation de détente pour la majorité d’entre nous. Ils peuvent cependant prendre du temps pour devenir fluides et agréables. Il est conseillé de commencer doucement, d’explorer différents rythmes, de varier les intensités et de ne pas dépasser 3 minutes au début.
    Et très important, de toujours se donner l’espace pour ressentir les effets juste après le mouvement.

    • Allongé·e sur le dos, genoux pliés ou tendus. Initier un mouvement de bercement qui part des pieds (des talons si les jambes sont tendues) pour remonter jusqu’à la tête; si le corps est bien relâché, il permet à l’ondulation de se diffuser sans entrave.
    • Allongé·e confortablement sur le côté, genoux ramenés vers la poitrine; initier le bercement depuis la main, soit dans l’axe longitudinal, soit dans l’axe avant-arrière, selon préférence.
    • Couché·e sur le ventre, mains sous le front, bercer depuis les orteils pour remonter jusqu’à la tête ou bercer le bassin latéralement, fessiers relâchés.
    • En position 4 pattes, orteils recroquevillés; plus vécu comme un balancement actif qu’un doux bercement, il est très utile pour mobiliser toutes les articulations en même temps; repousser le sol avec les pieds puis les mains pour initier un mouvement avant-arrière. Le regard est projeté vers l’avant, ce qui nous évite de s’effondrer.

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    Références

  • La pandiculation

    Pandiculation

    La pandiculation est un mouvement d’étirement spontané qui réveille notre système sensori-moteur, prévient l’accumulation de tensions musculaires et rétablit un contrôle conscient et volontaire de nos muscles – essentiel pour notre posture et du mouvement sain.

    Il réhydrate également tout notre système myofascial.

    A la manière des chats ou chiens après une sieste, nous pandiculons tous les matins en étirant nos bras et nos jambes dans des sens opposés, afin de remettre intuitivement de l’énergie dans notre système.

    Les 3 réflexes du stress

    Selon T. Hanna (fondateur de l’éducation somatique), nous avons 3 réflexes de stress qui affectent à terme notre capacité à percevoir et à contrôler nos mouvements:

    • Réflexe « feu vert » : il implique un élan du corps vers l’avant par la contraction des muscles postérieurs. C’est le réflexe du “go go go” ; lorsque ces muscles restent trop contractés, ils tirent le dos dans une cambrure exagérée, comme un soldat au garde-à-vous.
    • Réflexe « feu rouge » : c’est une réaction de sursaut qui implique une contraction de l’avant du corps (avachissement); mécanisme de protection face au danger, il est commun à tous les mammifères.
    • Réflexe traumatique : il se produit involontairement en réponse à des accidents, blessures ou dans l’évitement d’une douleur. Il peut aussi se développer à cause des sports ou activités unilatéraux. Il implique les muscles du tronc, qui soulèvent la hanche d’un côté et tordent légèrement la colonne vertébrale lorsqu’ils sont contractés.

    L’amnésie sensori-motrice (ASM)

    L’ASM est une contraction constante des muscles qui, n’arrivant pas à se relâcher complètement, s’épuisent en dépensant trop d’énergie ; elle est le résultat d’une accumulation de réactions physiologiques au stress et/ou d’accidents traumatisants.

    De cette ASM découlent des douleurs chroniques, une respiration superficielle et un manque de sensations dans différentes parties du corps.

    La pandiculation va aider notre cerveau à retrouver sa capacité de relâcher et détendre les muscles, afin qu’ils retrouvent leur longueur initiale.

    Feu vert & feu rouge : petit avant-goût

    Allongez-vous sur le dos, les genoux pliés, pieds à plat:

    > basculer le bassin en avant, lentement; le dos se creuse et le menton descend naturellement vers le sternum ; aller à la rencontre de la tension perçue dans l’arrière du corps, tout en gardant l’avant détendu. Rester 1-2’’, sans bloquer le souffle. Puis relâcher complètement le dos en revenant au neutre.

    > basculer le bassin en arrière, lentement; le dos s’aplatit au sol et le menton se soulève vers le plafond ; aller à la rencontre de la tension à l’avant du corps, tout en veillant à garder l’arrière détendu (en particulier les fesses). Rester 1-2’’, sans bloquer le souffle. Puis relâcher doucement en revenant au neutre.

    Continuer plusieurs fois en gardant la respiration fluide.

    Pour un ressenti un peu différent, on peut ajouter les bras au mouvement :

    > en basculant le bassin en avant, tourner les paumes vers le ciel, tout en pressant les épaules et omoplates dans le sol. Cette action devrait augmenter le mouvement de la tête.

    > en basculant en arrière, tourner les paumes vers le sol, tout en soulevant les épaules, comme si elles voulaient se rejoindre vers l’avant.

    NB: Si votre tête ne suit pas le mouvement du bassin, observez si vous retenez des tensions qui empêcheraient l’information de remonter; dans la nuque, dans la mâchoire, ou ailleurs.

    Et soyez patient.e, à force de répétition, votre corps apprendra à relâcher tout ce qu’il retient encore!

    Libérez le stress de vos tissus avec le Soma Yoga, en individuel ou en cours collectifs

    Références

    • Thomas Hanna: Somatics. Reawakening The Mind’s Control Of Movement, Flexibility, And Health. Editions Broché, 2007
    • Martha Peterson. Essential Somatics